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Nexia

Où j’étais passé depuis 2021 ?

Il paraît qu’un blog ne devrait jamais rester silencieux trop longtemps. Trois mois, six mois, un an… et puis il y a mon cas : avril 2021 – mars 2026. Cinq ans de silence numérique, ce qui, à l’échelle d’Internet, équivaut à une disparition complète, suivie d’un retour façon fantôme qui traverse un mur en s’excusant.

Je pourrais dire que j’ai été très occupé, que la vie professionnelle a pris le dessus, que les semaines ont filé plus vite que prévu. Tout cela est vrai, bien sûr. Mais la vérité plus simple, plus honnête, c’est que j’ai passé ces années dans un autre monde. Un monde que je construisais phrase après phrase, parfois avec enthousiasme, parfois avec obstination, souvent avec un mélange des deux.

Ce monde s’appelle NEXIA. Il m’a demandé plus de temps que prévu, plus d’attention que je ne l’imaginais, et parfois plus de silence aussi. Écrire un roman, c’est un peu comme creuser un tunnel : on avance dans l’obscurité, on perd la notion du temps, et on ressort à un endroit qu’on n’avait pas tout à fait prévu. Pendant ce temps, le blog attend. Patiente. Ne dit rien.

Aujourd’hui, je reviens ici avec l’envie de partager ce qui s’est passé dans ce tunnel. Pas seulement le roman lui‑même, mais tout ce qui l’entoure : les questions, les hésitations, les choix, les surprises. La création littéraire n’est pas un processus linéaire, et j’aimerais en raconter quelques fragments, à mon rythme, dans ce lieu qui a toujours été un espace de respiration.

Le prochain article parlera d’un thème qui m’a accompagné tout au long de l’écriture : l’intelligence artificielle. Non pas comme sujet à la mode, mais comme miroir. Comme point de départ d’une réflexion plus intime. Comme une question qui ne cesse de revenir.

En attendant, je suis heureux de rouvrir cette porte. Le blog n’était pas mort. Il dormait. Moi aussi, un peu.

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J’écris en français y también en español

Dernièrement, j’ai lu plusieurs articles sur des auteurs qui ont écrit des récits en deux langues. Cette thématique m’interpelle personnellement puisque c’est également mon cas. L’espagnol et le français cohabitent en moi depuis longtemps, mais pas depuis toujours et pas toujours de manière égale. Si une des langues était du café et l’autre du lait, je dirais que le bilinguisme serait un café au lait aux quantités variables selon les périodes de ma vie.

En lisant des études sur le bilinguisme, j’ai été frappé par les interrogations que ce phénomène a suscitées et suscite encore. Avant les années 1960, le bilinguisme n’avait pas trop la cote, il était souvent vu comme un obstacle au bon développement de l’enfant. L’idée prédominante présentait le bilinguisme comme une sorte d’apprentissage à moitié qui empêchait les enfants d’apprendre correctement une langue. Après les années 1960, l’approche du bilinguisme a évolué laissant entrevoir des perspectives moins figées.

Souvent, je vois encore la notation 50/50 pour exprimer le bilinguisme. Je suppose qu’il s’agit d’un héritage des idées d’avant 1960. Suivant cette logique, nous pouvons dire que le monolinguisme correspond à 100. Immédiatement, une question surgit dans mon esprit : si une personne bilingue est 50/50, cela veut dire que lorsque je m’exprime soit en français, soit en español, je ne peux jamais être 100 ? Vraiment ?

Aujourd’hui, les neurosciences apportent une nouvelle vision du fonctionnement de notre cerveau, ce qui permet d’aborder le bilinguisme sous un angle nouveau. Au lieu de figer la réalité de la communication à 100, il serait possible d’envisager des modèles plus souples. En tant que bilingue, peut-être que selon les circonstances, ma réalité correspondra parfois à 100, parfois à 125 ou à 180. Lorsque, je bois un café au lait, est-ce que je suis en train de me demander si je bois du café ou du lait ? Dans quelles proportions ? Peut-être ni l’un, ni l’autre ? C’est peut-être parce que le mélange des deux fait naître une nouvelle réalité, pas une réalité sous forme de 50/50, mais une réalité entièrement 100.

Mais quel rapport y a-t-il entre le bilinguisme et mon roman ? C’est bien sûr l’intelligence artificielle qui, comme à l’instar d’autres domaines, intervient aussi en linguistique, en particulier en ce qui concerne la traduction. A l’avenir, les bilingues auront de la concurrence, car pour traduire un texte il sera tentant de faire de plus en plus appel à une application de traduction. Comme toujours, ce sera un progrès dans certains secteurs et en même temps, peut-être que l’accès à l’intelligence artificielle rendra caduc l’apprentissage des langues. Si je peux voyager à travers le monde avec une application qui me traduit instantanément n’importe quelle langue et qui traduit en n’importe quelle langue mes propos, qu’est-ce qui me poussera à devenir bilingue ou multilingue ?

Personnellement, je vivrais le manque d’une langue comme un appauvrissement, un peu comme si mon café au lait disparaissait du paysage. Il m’est difficile d’imaginer de ne plus pouvoir écrire en español ou también en français. Selon certaines anciennes théories, mon bilinguisme impliquerait l’impossibilité de maîtriser les deux langues, c’est l’une ou l’autre, ou du café ou du lait. Et pourtant, tout en appréciant bien les deux, j’aime également le café au lait !

A bientôt ! ¡ Hasta pronto !

Pour en savoir plus :

  1. L’intelligence artificielle au service ou au détriment du bilinguisme ?, ONFR+, 2019
  2. Une intelligence artificielle peut apprendre une langue sans aide humaine, Futura Tech, 2017
  3. Ecrire dans une autre langue, forum « La langue française pour territoire », 2016
  4. Ecrire en deux langues, le cas de J.-J. Rabearivelo, Claire Riffard, Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM), 2015

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Relecture créative

Je vous parle aujourd’hui de la relecture créative.

Dans mon processus créatif, la relecture créative est un passage essentiel pendant lequel le récit se densifie, se réorganise parfois, gagne souvent en cohérence. Je pourrais presque parler de réécriture créative. Dans mon cas, c’est aussi l’étape où je retranscris le récit à l’ordinateur. A partir de ce moment, je ne reviens plus à l’écriture manuscrite.

La relecture créative ressemble à un travail de fourmi où la patience joue une part importante. Il m’arrive de rester bloqué sur un mot, une expression ou une phrase sans pouvoir avancer. Et puis, le passage s’ouvre et je peux continuer. Je me trouve à la fois dans l’histoire que je raconte et à l’extérieur. C’est une sorte de double regard qui me permet d’alimenter le récit avec de nouvelles idées, parfois allant jusqu’à ajouter des passages entiers.

Mais, c’est aussi un moment où je me fixe certaines limites. Autrement, le roman ne verrait jamais le jour. Je vois toujours des choses à supprimer, à rajouter ou à modifier! A mes yeux, le récit n’est jamais vraiment abouti.

Par moments, la relecture créative me paraît ingrate parce que je me heurte à mon propre jugement. Et je peux être très dur! Mais, avec l’expérience, je me suis rendu compte que souvent ce qui peut me bloquer dans l’avancement d’un récit c’est plutôt ma propre peur. La surmonter est en soi tout un roman! La relecture créative joue un rôle très important qui va bien au-delà du texte lui-même.

Donc, relire un texte n’est pas seulement utile pour éliminer les coquilles, mais c’est surtout un puissant moyen créatif de poser un regard différent sur mon texte, de changer de perspective tout en respectant le fil rouge que je me suis donné.

Merci et à bientôt!

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Comment je m’y prends?

Photo de JC Novelle

Comment fais-tu pour créer une histoire ? Répondre à cette question, que j’entends souvent, n’est pas facile, d’autant plus que ce n’est pas toujours pareil. Pour moi, cela dépend beaucoup de l’histoire elle-même, ainsi que d’une foule d’autres facteurs qu’il serait fastidieux d’énumérer. Je vais donc tenter d’y répondre en ma basant sur mon projet actuel.

Tout d’abord, il y a l’idée qui un jour surgit dans mon esprit. A ce stade, je dirais que ma sensibilité joue un rôle primordial, car elle agit comme un tamis invisible dans mon imagination. Ce tamis retient certains éléments et laisse filer beaucoup d’autres.

Si je suis touché par une situation, si je vis une expérience marquante ou si j’apprends quelque chose de stimulant, ma sensibilité va mobiliser mon imaginaire et l’idée va germer. Cette idée peut tout de suite me pousser à écrire ou rester en hibernation pour se réveiller bien plus tard. Pour mon roman actuel, la phase d’écriture est arrivée assez rapidement, alors que pour la trilogie sur le monde de Monthortal le temps d’hibernation s’est prolongé pendant une dizaine d’années.

Souvent, lorsque je me lance dans un projet d’écriture, je commence par poser le décor. A quel moment va se dérouler l’histoire? Où va-t-elle avoir lieu? Quels sont les éléments clés? Dans mon projet actuel, c’est ce qui m’a poussé à effectuer des recherches sur l’intelligence artificielle pendant environ une année, avant de commencer l’écriture du roman. A mesure que le décor prend forme, les premiers personnages apparaissent dans mon imagination. Mais parfois c’est le contraire. Une histoire se développe à partir d’un personnage qui prend forme dans mon esprit.

Et puis, vient l’étape où les premiers mots jaillissent sur le papier. Et lorsque je dis papier, c’est au sens littéral. En effet, le premier jet d’un récit, je l’écris toujours à la main, de préférence à la plume, à l’encre bleue, dans un cahier avec du papier 90 gr., comme celui de la photo qui illustre cet article, si possible en écoutant du Purcell… Je m’arrête… Vous allez penser que je suis un peu maniaque! Et vous n’aurez pas tout à fait tort!

Mais cette étape est celle que je préfère, celle dans laquelle je plonge avec tous mes sens. Lorsque j’écris, mon cœur palpite, je ressens fortement les émotions des personnages et les miennes, je transpire, j’ai mal au poignet… Je ne connais jamais à l’avance la durée de ces moments, mais j’adore sentir l’histoire prendre forme!

Sais-tu déjà à l’avance ce qui va se passer dans ton roman? est une autre question que j’entends aussi fréquemment. J’ai un fil rouge, bien sûr, mais je me laisse à tout moment la liberté de modifier le cours du récit. Parfois, j’avais pensé qu’un personnage agirait d’une certaine façon et puis au fil de l’histoire, une autre option apparaît. J’aime laisser cette part d’inconnu dans l’écriture. Un peu comme dans l’existence, finalement.

J’ai encore beaucoup de choses à vous dire sur mon processus créatif, par exemple sur la relecture créative qui est une étape cruciale pour moi. Je vous en dirai plus dans mon prochain article.

Merci de suivre mon fil rouge et de vous abonner à mon blog.