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Pourquoi écrire sur l’IA ?

Photo de JC Novelle

Il y a des thèmes qui s’invitent dans une histoire sans qu’on les ait vraiment choisis. Ils apparaissent d’abord en périphérie, comme une intuition vague, un mot qui revient trop souvent, une inquiétude qui s’installe sans prévenir.

L’intelligence artificielle a pris cette place-là dans mon imaginaire : non pas comme un sujet technique ou une fascination futuriste, mais comme une question qui me suivait, discrètement, depuis longtemps.

Je n’ai jamais eu l’ambition d’écrire un roman “sur l’IA”. Ce serait d’ailleurs une entreprise impossible, car l’IA n’est pas un bloc homogène, mais un ensemble de pratiques, de peurs, de promesses, de projections. Ce qui m’intéressait, c’était moins la technologie que ce qu’elle révèle de nous. Notre rapport au contrôle. À la délégation. À la vulnérabilité. À cette tentation étrange de confier à des systèmes ce que nous ne savons plus très bien gérer nous‑mêmes.

Pendant les premières phases d’écriture, je me suis souvent demandé si j’étais légitime pour aborder un thème aussi vaste. Je ne suis ni ingénieur, ni spécialiste en apprentissage automatique. Mais j’ai fini par comprendre que la littérature n’a pas besoin de cette forme de légitimité. Elle a besoin d’un regard, d’une inquiétude, d’un point de friction.

Et c’est précisément là que l’écriture de NEXIA a commencé : dans cet espace où la curiosité rencontre la crainte, où l’on pressent que quelque chose se transforme autour de nous, sans encore savoir comment le nommer.

L’IA, dans le roman, n’est pas un personnage. C’est un prisme. Une manière de regarder autrement ce que nous sommes en train de devenir. Elle m’a permis d’explorer des questions plus intimes :
Qu’est‑ce qui reste profondément humain dans un monde où tout peut être optimisé, anticipé, mesuré ?
Qu’est‑ce qui échappe encore aux modèles ?
Qu’est‑ce qui résiste ?

Ces interrogations ne sont pas abstraites. Elles traversent nos vies quotidiennes, nos choix professionnels, nos relations, nos manières de nous raconter. Elles s’invitent dans nos écrans, dans nos décisions, dans nos doutes. Écrire NEXIA, c’était accepter de me tenir dans cette zone d’incertitude, d’y avancer lentement, parfois à tâtons, en laissant les personnages me montrer ce que je n’avais pas encore compris.

L’IA n’est pas un décor futuriste. C’est une tension intérieure. Un mouvement du monde qui nous oblige à nous repositionner. Peut‑être que la littérature sert aussi à cela : à éclairer ce qui change en nous avant que nous en ayons pleinement conscience.

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Où j’étais passé depuis 2021 ?

Il paraît qu’un blog ne devrait jamais rester silencieux trop longtemps. Trois mois, six mois, un an… et puis il y a mon cas : avril 2021 – mars 2026. Cinq ans de silence numérique, ce qui, à l’échelle d’Internet, équivaut à une disparition complète, suivie d’un retour façon fantôme qui traverse un mur en s’excusant.

Je pourrais dire que j’ai été très occupé, que la vie professionnelle a pris le dessus, que les semaines ont filé plus vite que prévu. Tout cela est vrai, bien sûr. Mais la vérité plus simple, plus honnête, c’est que j’ai passé ces années dans un autre monde. Un monde que je construisais phrase après phrase, parfois avec enthousiasme, parfois avec obstination, souvent avec un mélange des deux.

Ce monde s’appelle NEXIA. Il m’a demandé plus de temps que prévu, plus d’attention que je ne l’imaginais, et parfois plus de silence aussi. Écrire un roman, c’est un peu comme creuser un tunnel : on avance dans l’obscurité, on perd la notion du temps, et on ressort à un endroit qu’on n’avait pas tout à fait prévu. Pendant ce temps, le blog attend. Patiente. Ne dit rien.

Aujourd’hui, je reviens ici avec l’envie de partager ce qui s’est passé dans ce tunnel. Pas seulement le roman lui‑même, mais tout ce qui l’entoure : les questions, les hésitations, les choix, les surprises. La création littéraire n’est pas un processus linéaire, et j’aimerais en raconter quelques fragments, à mon rythme, dans ce lieu qui a toujours été un espace de respiration.

Le prochain article parlera d’un thème qui m’a accompagné tout au long de l’écriture : l’intelligence artificielle. Non pas comme sujet à la mode, mais comme miroir. Comme point de départ d’une réflexion plus intime. Comme une question qui ne cesse de revenir.

En attendant, je suis heureux de rouvrir cette porte. Le blog n’était pas mort. Il dormait. Moi aussi, un peu.